Lettre ouverte aux enseignants

Les professionnels diététiciens ont fait le constat de l’écart existant entre les besoins du terrain en professionnels correctement formés, et l’offre de formation actuellement disponible en France. Ce constat est ancien, et a été formalisé sous forme de rapport écrit par l’ADLF en collaboration avec les enseignants des B.T.S et D.U.T. Ce rapport a été largement diffusé à l’ensemble des Centres de formation, et toutes les personnes concernées par la formation initiale des diététiciens.

Le gouvernement à travers le Programme Nationale Nutrition Santé (P.N.N.S.) a mis au premier rang les professionnels chargés de la nutrition, et particulièrement les diététiciens. Mais au regard de leur formation, rien n’a été entrepris pour aligner leurs compétences sur les résultats attendus de ce programme.

Ces dernières années la place de la profession de diététicien s’est affirmée dans le paysage des professions de santé, et le rapport du Professeur Michel KREMPF et du Professeur Yvon BERLAND, en sont une illustration. Cette place est largement soutenue par les sociétés savantes de Nutrition (Société Française de Nutrition Entérale et Parentérale (S.F.N.E.P.), la Société Française de Nutrition (S.F.N.), et le Collège des Enseignants en Nutrition (C.E.N.)) comme le prouve l’éditorial écrit dans les cahiers de nutrition et de diététique par leur président (en pièce jointe).

La Fédération des Associations de Diététiciens Européens (E.F.A.D.) a réalisé une étude comparative des cursus des formations initiales des diététiciens en Europe. La France est un des rares pays à former les diététiciens en deux ans.

La réforme des études des professions de santé, lancée conjointement par les ministères de la santé et de l’éducation nationale, est une opportunité pour le diététicien d’obtenir une formation initiale adaptée aux besoins du terrain. Il est nécessaire que les diététiciens y soient inclus, au risque de voir disparaître ce métier, dans sa qualification actuelle en parallèle des autres profession de santé. Malgré les multiples interventions de l’A.D.L.F., le rapport du professeur Domitien DEBOUZIE exclut du périmètre de la réforme la profession de diététicien. La grande majorité des diététiciens en exercice ont souhaité manifester largement un mécontentement face à cette exclusion.

Demain les paramédicaux seront formés à l'Université dans des Pôles Santé, leurs formations seront de 3 ou 4 ans, avec un déroulement possible sur le système européen L-M-D (Licence, Master, Doctorat). Si la formation des diététiciens n’intègre pas ce schéma commun aux professions de santé, où se situera le diététicien ? Il sera le seul, en France et en Europe, à être formé en dehors du champ de la santé.

Concernant la grille salariale, voici quelques points d'histoire : il y a 20 ans, les diététiciens hospitaliers étaient sur la grille indiciaire des sage-femmes. En deux décennies, la durée de l'ensemble des formations initiales des professions de santé a évolué, sauf celle du diététicien. Aujourd'hui le diététicien est sur la même grille que les autres paramédicaux. Mais demain il sera peut-être relayé entre les infirmières et les aides-soignants, comme cela s’est passé pour nos collègues des Centres de Lutte Contre le Cancer.

Nous sommes tous concernés par cette démarche : professionnels en exercice, enseignants et directeurs de Centres de formation pour permettre ce changement incontournable. Nous sommes d’accord pour envisager une action commune auprès des ministères pour proposer des solutions acceptables par tous et correspondants aux exigences de la profession en pleine évolution.

Le Conseil d’Administration

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